Mot de l’Institut à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le travail des enfant

38ème session du Conseil des Droits de l’Homme
20/06/2018
Le mot de l’Institut à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation sur la maltraitance des personnes âgées
20/06/2018

 Ce jour, le 12 Juin de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale contre le travail des enfants, date à laquelle l’OIT a décidé depuis 2002 d’en faire une journée internationale pour attirer l’attention sur l’ampleur du phénomène du travail des enfants dans le monde, et d’engager les actions qu’elle édicte par l’adoption de stratégies et de politiques visant à l’éradiquer.

Cette journée mondiale rassemble à chaque célébration les gouvernements, les employeurs, les travailleurs, la société civile, et des millions de personnes du monde entier pour mettre en évidence la situation des enfants qui travaillent, comment les aider et élever le niveau de sensibilisation et d’action pour empêcher le travail des enfants dans divers domaines, économique et militaire en particulier.

Dans ce contexte, l’Institut de Genève pour les Droits de l’Homme, qui demeure à l’avant-garde par l’organisation de sessions de formation dans le domaine de la sensibilisation sur la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et aux trois protocoles en annexe ainsi que la sur les mécanismes de protection des droits des enfants, s’associe de vive voix à l’Organisation Internationale du Travail, et ainsi donc appelle à l’éradication du phénomène du travail des enfants, sachant que 218 millions d’enfants de moins de cinq ans travaillent partout dans le monde, 73 millions d’enfants dont 19 millions de moins de 12 ans dans des travaux dangereux

L’Institut de Genève pour les Droits de l’Homme contribue également à la consolidation de la culture qui prône l’abandon du travail des enfants, qui se trouve être l’un des objectifs les plus importants définis par l’OIT et pour l’atteinte desquels bon nombre d’accords et de conventions ont été adoptées. La plupart des enfants qui travaillent dans le monde y sont contraints à temps plein, plus de la moitié sont exposés aux pires aspects de l’exploitation et de l’esclavage, en plus d’autres formes du travail forcé dans un environnement dangereux et aux activités illégales dont le trafic de drogue, la prostitution, et l’enrôlement dans les conflits armés.

En conséquence nous appelons, de tous nos vœux au sein de l’Institut des Droits de l’Homme de Genève, que soit renouvelé l’engagement mondial de mettre fin au travail des enfants comme clairement mentionné dans les objectifs du développement durable adoptés par le sommet mondial de 2015 et autour duquel il a organisé une campagne mondiale commune (8,7) pour aider les États membres des Nations Unies à accomplir des progrès mesurables en vue d’atteindre le septième buts de l’objectif 8 stipulant la mise à terme de toutes les formes de travail des enfants  à l’horizon 2025. Parvenir à cet objectif et à la réalisation de ses buts au profit de la prochaine génération de la main-d’œuvre mondiale, exigent une démarche concertée et intégrée pour l’éradication du travail des enfants et promouvoir une culture de prévention et de sécurité au travail.

Au moment où le monde célèbre cette journée mondiale, nous réitérons notre engagement entier aux droits de l’enfant et soulignons tout particulièrement la souffrance des enfants dans les zones de conflits et de troubles au Moyen orient et en Afrique du nord. Nous appelons également les gouvernements et les organisations internationales, régionales, et nationales à prendre des mesures immédiates et efficaces pour éliminer les pires formes de l’esclavage contemporain, la traite des personnes sous toutes ses figures, la mise à terme du recrutement et de l’utilisation de boucliers humains, et l’arrêt du travail des enfants sous toutes ses formes à l’horizon 2025 » par l’adoption de stratégies adéquates capables de protéger nos enfants contre les abus et l’exploitation.

Il ne fait aucun doute que la célébration de cette journée mondiale, à travers les efforts énormes qui la motivent, nous interpelle pour réitérer l’appel aux gouvernements et aux organisations internationales et de la société civile, à tout mettre en œuvre pour mettre fin à la dangereuse pratique du travail des enfants. Elle nous fait prendre aussi conscience de la voie qu’elle entrouvre vers la réalisation de nobles objectifs au profit de l’enfant, et qui s’orientent vers son éducation et sa préparation au rôle qui lui est assigné à l’avenir. Des objectifs certes encore absents du fait des disparités entre les pays pauvre et nantis et dont résulte et de la multiplication  des conflits dont sont victimes les enfants qui y sont enrôlés de force et surexploités